« Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père. »

                                                                                               (Jn 14 : 2)

« Il eut un songe :
voici qu'une échelle était dressée sur la Terre
et que son sommet atteignait le Ciel,
et il eut la vision des anges de Dieu
qui y montaient et qui en descendaient ! »


                                                                                            (Ex 28 : 12)

 

 
 



Trois degrés "discontinus"

    La science des degrés est comme une clé qui permet d'ouvrir les causes des choses et d'y entrer. Sans la connaissance de ces degrés on peut à peine savoir quelque chose, et les choses de ce monde apparaissent univoques, comme s'il n'y avait en elles que ce que voient les yeux.

    On avait jusqu'à présent connaissance des degrés entre le plus et le moins, mais on ne savait rien des degrés entre l'antérieur et le postérieur.

   Partout il y a trois degrés distincts, parce que partout il faut qu'il y ait une fin, une cause et un effet. Toutes et chacune des choses qui existent dans le monde spirituel et dans le monde naturel, coexistent d'après les degrés discrets et en même temps d'après les degrés continus. 

(AC 9825 ; DA 184-185 ; A Conj 532)

    Il y a des degrés de deux genres, à savoir les degrés de "longueur et de largeur", et les degrés de "hauteur et de profondeur". Les uns diffèrent beaucoup des autres : les degrés de largeur sont appelés "degrés continus", parce qu'ils décroissent continuellement, comme la lumière décroît depuis sa flamme jusqu'à son obscur. Les degrés de hauteur sont appelés "degrés dicrets", ils sont tout à fait différents parce qu'ils procèdent des intérieurs vers les extérieurs de façon discontinue. Ces degrés sont différenciés et par conséquent distincts, comme l'antérieur et le postérieur, ce qui produit et ce qui est produit, ou comme la fin, la cause et l'effet.

(AC 10181 ; CE 38 ; DA 184-188)

    En toutes choses il y a trois degrés. Il y a trois degrés dans le monde spirituel, et trois degrés dans le monde naturel, selon lequel se fait tout influx.

    Il y a trois Cieux, et ils sont très distincts entre eux, l'intime ou troisième, le moyen ou second, et le dernier ou premier Ciel. Ces Cieux sont distingués selon le degré de la sagesse et de l'amour.

    Il y a trois degrés ou plans intérieurs chez chaque ange, chaque esprit et chaque homme. Dans chaque homme, il y a d'après la création, trois degrés de vie, le céleste, le spirituel et le naturel. Ces degrés ou plans sont ouverts selon la réception du Divin. De là vient que l'homme peut devenir ange de l'un des trois Cieux, et cela selon la réception de la sagesse et de l'amour qui procèdent du Divin.

    Tant qu'il est dans le monde, l'homme est dans le naturel. Il ne vient dans le spirituel et le céleste même qu'après la mort, parce qu'ils sont renfermés et cachés dans les choses naturelles.

(Pensées et extraits p 18 ; VRC 33, 42, 239)

    Les trois degrés de hauteur sont comme la fin, la cause et l'effet, et selon ces degrés se succèdent l'amour qui est la fin, la sagesse qui est la cause, et l'usage qui est l'effet.

(DA 241)

 

    Comme nous venons de le voir au chapitre précédent, il y a deux forces fondamentales qui se déclinent ensuite sur trois niveaux différents. Il y a le monde naturel, le monde des esprits et les cieux angéliques. Les mondes supérieurs dit "célestes" se divisent à leur tour en trois niveaux, que Swedenborg nomme : "naturel", "spirituel" et "céleste". Enfin le Divin est l'amour même qui est la fin, la sagesse qui en est le moyen, et la puissance créatrice qui en est l'effet.    

 

treeoflife

 

   Sa doctrine des "degrés" et celle des "correspondances" que nous développerons plus loin, sont de véritables clés de décryptage concernant la structure même de l'univers, de l'homme et du Divin.

    Car il y a bien deux ordres différents de degrés dans la Création. Les degrés "de longueur et de largeur", dits "degrés continus", qui vont, par exemple, du plus grand au plus petit ou du plus clair au plus obscur, etc. Ils sont progressifs, et comme leur nom l'indique, ils s'inscrivent dans une continuité, un même "continuum". Ceux-ci nous sont bien familiers et ils s'expriment dans tous les domaines : poids, mesure, température, densité, intensité, luminosité, etc.

    Tout aussi fondamental, il y a les degrés dit de "hauteur et de profondeur", qu'il nomme "degrés discontinus" ou "degrés discrets". Chaque niveau "discontinu" représente à chaque fois une sorte de rupture du champ de réalité pour un passage à un niveau infiniment plus subtil et élevé en "fréquences". Swedenborg donne pour illustrer ce concept un exemple très simple à comprendre. Ce sont ces degrés discontinus, nous dit-il, qui séparent : la fin, la cause et l'effet, ou l'intention, le moyen et l'action qui en résulte.

    A tout projet, il y a d'abord une idée, une intention qui donne l'impulsion de départ et qui agit comme le principe directeur et animateur de tout le projet. Dans un deuxième temps, cette inspiration initiale va se formaliser mentalement : comment réaliser ce projet, quels moyens utiliser ? Le troisième temps est celui de la mise en oeuvre dans le domaine extérieur. Trois degrés "discontinus" séparent donc l'intention, la conceptualisation et la réalisation du projet en question.

 

 

 




 

 

L'Arbre des Séphirots. "Philosophia sacra", Robert de Fludd, 1626. Arbre renversé qui symbolise la manifestation du cosmos à partir d'une source unique et transcendante. C'est une belle illustration de la théorie des émanations propres aux platoniciens, à l'hindouisme et au judaïsme médiéval.

    Voici un tableau qui développe plusieurs exemples de degrés "discontinus" que Swedenborg mentionne régulièrement dans ses écrits. Bien que les jeux de correspondances entre chaque exemple soient évidents, ils ne sont pour autant pas absolument concomitants, les choses sont toujours bien plus complexes que ce que ces tableaux, toujours simplificateurs, pourraient laisser croire. Ainsi l'âme, par exemple, est-elle aussi dotée d'une double faculté de volonté et d'entendement, mais d'une nature très différente de celle de notre moi conscient ou de notre mental, et la trilogie fonctionnelle de fin, cause et effet, s'exerce-t-elle aussi à tous les niveaux de création.


Les degrés
Les fonctions
La Création
L'influx
L'homme
Facultés psychiques
 
Suprême
 
Le Divin
Le soleil spirituel
Le soleil intérieur
degré intime
 
Céleste
Fin
Les mondes angéliques
Amour
L'âme
Volonté
Spirituel
Cause
Le monde des esprits
Sagesse
L'esprit
Entendement
Naturel
Effet
Le monde naturel
Usages ou Oeuvres
Le corps
Paroles et Actions

 

 

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